Ecrits sur l'art

 

"L'estran", une année roscovite 

 

L'estran, définition : partie du littoral alternativement couverte et découverte par la mer (Larousse) 

 

Depuis la fenêtre de son nouvel atelier à Roscoff, Anne Marrec a vécu jour après jour l'étendue et la puissance de l'estran. 

 

Il aura suffi de quelques moments de distraction pour que le lac soit devenu lagune percée d’écueils puis déjà ce désert où les algues se dessèchent, où le territoire redevient minéral. 

 

Le sol et l'eau se cèdent la place avec une régularité obsédante. 

 

C'est comme si Anne Marrec avait absorbé entière l'étendue offerte dans son chaos puis disparue, recouverte par la plénitude de la mer et du vent. 

 

Elle restitue les énergies fondamentales, elle saisit l'invisible progression de leur mouvement. 

 

Sa technique d'encres diluées et d'aquarelle la sert à merveille pour cette transfusion du paysage mouvant vers la feuille. Les traits du pastel soulignent les formes qui résistent à cette incessante métamorphose. 

 

Le spectacle insaisissable des marées apparaît enfin par les traces simultanées des nuages, des mares, des champs d'algues, des galets, des roches dispersées, l'absolu de la mer s'insinuant toujours, constant. 

 

L'obstination de l'homme se souligne aussi çà et là, furtif, quai, jetée, balises. 

 

Le tout devient l'estran d'Anne Marrec. Pour elle, le paysage est un être vivant. 

 

Jean Quincy
août 2019

 

 

-------------------------------------------------

 

Anne MARREC  - Terres d'Encres

 

Immergée dans la vie parisienne pendant plus de 25 ans,

je me suis échappée de cette vie urbaine effrénée, saturée d'images virtuelles,

en voyageant pour sortir de mes carcans, et renouer avec moi-même.

Parcourir les chemins, à la recherche du ciel, de la lumière,

des grands espaces, de la mer et du silence...

 

C'est en faisant le vide que je laisse mon regard pénétrer

à l'intérieur des éléments naturels.

 

Grâce à l'alchimie de l'eau et de l'encre,

mes paysages et la respiration de la terre se fondent à l'intérieur de moi même.

 

 C'est en marchant que je crée mes terres d'encres,

que j'ancre mon écriture et mes paysages dans l'univers.

 

 

 

------------------------------------------------------------

 

Brigitte Camus - « Place aux Artistes » (avril 2010)

 

Anne Marrec travaille les encres sur papier.

 

La légèreté et le noir mènent le bal dans son univers

 

où taches et constellations flottent en apesanteur

 

tandis que des rides de couleur affleurent la feuille.

 

 

Les Terres d'encres d'Anne Marrec sont habitées par le dualisme

 

entre le céleste et le terrestre, le léger et le lourd.

 

Ces tensions qui animent et écartèlent l'artiste se traduisent

 

par des traits fugaces et épars jetés sur le papier

 

lors des voyages d'Anne Marrec.

 

 

Elle travaille assise ou debout avec de grands pinceaux chinois.

 

« J'ai besoin de m'accrocher au tangible », précise t-elle.

 

Les pigments qu'elle utilise symbolisent ce besoin.

 

« Je ne sais pas où je vais quand je commence, comme

 

un pianiste qui improvise après avoir fait ses gammes ».

 

 

L'encre et l'eau se mélangent de façon aléatoire,

 

composent des paysages imaginaires qui se superposent

 

aux paysages réels ainsi transfigurés.

 

La puissance poétique des encres d'Anne Marrec est palpable.

 

 

 

 

 

 

 

------------------------------------------------------